Convoi de la liberté : Le mépris des élites

La crise sanitaire du printemps 2020 s’est rapidement transformée en crise médiatico-politique. Le convoi de la liberté en ce début 2022 exprime bien cette politisation extrême de la pandémie en fin de parcours : Trudeau n’a que mépris pour les camionneurs canadiens, car il sait parfaitement que ce n’est pas sa base électorale ; tandis que Legault se montre plutôt conciliant, mais toujours aussi paternaliste, sachant pertinemment qu’il pourrait perdre des votes dans le cas contraire. Cette manifestation des travailleurs a rapidement pris une tournure transcendant les simples intérêts corporatistes des camionneurs. Il s’agit littéralement d’une insurrection populaire, un grassroots movement, et cela, les élites ont toujours détesté!

            Malgré les innombrables contradictions au niveau décisionnel, les jeux de pendule des girouettes politiciennes, voguant, perplexes, sur le radeau des sondages, ce ne sont pas les médecins ou les épidémologues qui ont pris la parole, puisqu’ils ont trop à perdre. Ce ne sont certainement pas les intellectuels et les journalistes qui ont dénoncé les mesures vexatoires et liberticides, car ils ne désiraient pas perdre leur réputation et passer pour des conspirationnistes. Ce ne sont pas les syndicats qui s’y sont opposés non plus, bien trop crispés sur le statu quo. Ce ne sont pas non plus les mères et les pères qui se sont insurgés contre le fait de masquer leurs enfants six heures par jour en classe, exaspérés de voir leur scolarisation bâclée ou leur détresse psychologique, puisque la pression au conformisme était trop forte. Ce sont les camionneurs et les agriculteurs, ceux qui font qu’on peut manger tous les jours simplement en allant au coin de la rue, qui se sont révoltés, car ils ont de moins en moins à perdre…

            La réaction des élites, politiciennes, intellectuelles et journalistiques est typique : la calomnie et la diffamation. Le Premier ministre Trudeau II, rapidement suivi par ses sbires propagandistes, a affublé les protestataires de sobriquets grotesques : conspirationnistes, racistes, extrémistes, nazis, « pleutres à croix gammées », etc. Il faudrait leur rappeler la fable de « L’enfant qui criait au loup ». Les masses finissent par se désensibiliser lorsque l’on répète ad nauseam que ceux qui refusent la dictature sanitaire sont nécessairement des racistes. Le narratif des élites ne colle pas sur la réalité et la population s’en rend de plus en plus compte. Cela a pour effet d’élargir encore davantage le fossé entre le peuple et les élites. La réalité est simple : la crise sanitaire est en train de dévoiler une véritable lutte de classes entre les travailleurs en voie de paupérisation et les classes dominantes.

            Outre la calomnie, les élites prétendent suivre « la Science ». On croirait entendre des bigots moyenâgeux parlant de « l’Église ». La science n’est jamais monolithique. En fait, c’est la caractéristique principale de la science que d’être ouverte à la réfutation, comme le disait proprement l’épistémologue Karl Popper. Or, ce à quoi nous assistons depuis deux ans tient plus au fanatisme qu’à la recherche scientifique, menant au bûcher, à l’excommunication et à la mort sociale tous les scientifiques ne suivant pas la doxa officielle. Tout comme l’Église médiévale n’était pas la pure manifestation du message christique, puisqu’elle était saturée d’intérêts politiques et économiques, telle en est de la Science contemporaine. Après le politiquement correct, nous assistons dorénavant à la mise en place du sanitairement correct.

            Lors de son allocution du 31 janvier, Trudeau II a tenté de discréditer le convoi de la liberté, bien réfugié dans son chalet familial au Québec. En bon libéral, il a affirmé qu’il était pour les manifestations, les political rallies, tant que celles-ci sont conformes à son idéologie politique, comme BLM par exemple. Ainsi, la population a le droit de manifester : pourvu que l’objectif soit en accord avec la vision du monde des élites. Or, comme l’affirme le philosophe Normand Baillargeon, ce n’est pas cela la liberté d’expression. En effet, même le dictateur totalitaire Staline était pour la liberté d’expression, tant que celle-ci exprimait une opinion conforme au marxisme-léninisme.

            Le monde entier nous regarde. Le monde entier est témoin de la populophobie de nos élites canadiennes. C’est bien la dernière phobie qui soit encore tolérée en Occident, mais cela ne durera pas. La population n’est pas dupe. « Camionneurs de tous les pays, levez vous! »

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