Coronavirus : crise sanitaire ou crise sociale?

 

La peur se distille tranquillement dans le corps social, au gré de l’égrenage du nombre de morts. Chaque jour est une nouvelle source d’angoisse pour la majorité d’entre nous. Les discours catastrophistes aux relents millénaristes et aux syntagmes militaristes pleuvent sur les confinés crédules qui se sentent, à raison, impuissants face à ce cavalier de l’apocalypse, cet « ennemi invisible » contre lequel nous serions « en guerre ». Or, le terme d’origine grecque « apocalypse », souvent traduit par révélation, désigne en fait l’idée de dévoilement. C’est justement ce qui nous intéressera ici : que dévoile cette crise sanitaire d’un point de vue sociologique?

 

Changement de paradigme sociétal

On serine à tout va que « rien ne sera plus comme avant ». Nous ne sommes pas tout à fait d’accord avec ce propos. Qu’est-ce qui changera exactement? Contrairement aux optimistes qui voient dans cette crise une prise de conscience collective des abus du capitalisme, ou encore, une pause permettant à Gaïa de souffler un peu, selon nous, pessimistes de nature, nous considérons qu’il ne s’agit que d’une accélération d’un processus historique bien ancré dans l’esprit de l’époque. En effet, le modèle de société qui s’offre à nous en ces temps troubles risque bien de rester en place après la crise, mais trouvait déjà ses prémisses dans les préambules de la crise.

 

Dislocation du lien social

Quel est ce « nouveau » paradigme? Il s’agit de celui d’une société de confinés, individualiste, paranoïde, infantilisée, surmédicamentée et liberticide. Chaque jour constitue une preuve supplémentaire de la désintégration du lien social au profit d’un individualisme exacerbé. Qu’arrive-t-il lorsque la solidarité sociale s’éteint? Les individus s’en remettent à l’État technocratique et cherchent le réconfort dans les allocutions infantilisantes de grand-papa Legault et dans le bricolage d’arcs-en-ciel. La « distanciation sociale » ne fait qu’amplifier le phénomène déjà bien installé de la peur de l’autre. Le « chacun pour soi » est visible dans le consumérisme frénétique et hystérique d’une population qui n’a jamais manqué de rien et qui veut s’assurer que rien ne viendra à lui manquer.

Télétravail, livraison à domicile, usurpation de la vie sociale par les réseaux sociaux, mode de vie sédentaire et isolement social ne sont pas nouveaux. Ils ne représentent que la tendance générale qui se voit catalysée par la crise sanitaire actuelle. La dislocation des liens sociaux est perceptible dans l’assujettissement encore plus virulent du sociétaire vis-à-vis du gouvernement et de ses institutions, ainsi que par l’esprit de délation qui empoisonne une population calfeutrée et quotidiennement terrorisée par les sbires du pouvoir, véritable armée de prophètes de malheur.

Nous parlons beaucoup des CHSLD et des aînés abandonnés à leur sort. Est-ce seulement le virus qui est ici en cause? Bien sûr que non! La désertion d’une partie du personnel est certainement due à la pandémie, mais la majorité des déserteurs ne sont pas pires que les autres, ils sont simplement terrifiés et tous les agents de la propagation de la terreur sont responsables de ce phénomène. Alors que nous devrions, plus que jamais, nous serrer les coudes, nous favorisons plutôt la désertion de masse par la propagande de peur en stimulant le bas instinct de survie au lieu des hautes vertus de dévotion et de courage. Quelles solutions nous offrent alors le gouvernement? Demander aux « experts médicaux » d’accourir en renfort. Encore une tendance bien ancrée dans l’idéologie technocratique de notre époque.

 

Société ultrasécuritaire et refus de la mort

Tout le monde connaît la fameuse citation de Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux ». Toutefois, ce genre de formule paraît bien dans les livres, mais s’avère bien plus difficile à intégrer dans la réalité vécue. La société pharmaceutique qui se met tranquillement en place depuis plusieurs années, et qui se voit accélérée par la crise sanitaire actuelle, carbure à la terreur sécuritaire. Après les terroristes et les changements climatiques, maintenant les pandémies. Serait-il exagéré de dire que l’ethos de notre civilisation est saturé par la peur? Il nous semble bien que non. Et la praxis qui en résulte est nécessairement le délire sécuritaire.

Loin de nous la volonté de minimiser l’importance des victimes du virus, là n’est pas le point. Toutefois, il serait important que les journalistes fassent leur travail et, au lieu de terrifier la population en « comptant les morts » sans aucune forme de mise en contexte, par un cadrage médiatique catastrophiste frôlant la propagande, s’appliquent à élaborer une analyse comparative statistique digne de leur noble statut. La grippe saisonnière a tué environ 3500 personnes l’an dernier au Canada, 60 000 aux États-Unis et un demi-million dans le monde. De plus, six millions d’enfants meurent par année de malnutrition et de manque d’eau potable. Presque un million de personnes se suicident par année sur Terre, décompte qu’il faut multiplier par 10, 20 ou 50 pour obtenir le nombre de tentatives manquées. La dépression, les maladies dites de « civilisation », diabète, obésité, maladies cardiovasculaires et autres, se comptent par dizaine, voire centaine de millions.

Les « solutions » apportées à la crise, qui laisseront certainement des traces indélébiles, ne feront qu’amplifier ces problèmes. En effet, l’isolement social, le mode de vie sédentaire, la malnutrition et la sur-médicamentation de la société exacerberont tous ces problèmes, encore bien pires que le Covid-19. Au-delà de tout ça, c’est une réelle crise existentielle qui s’abat sur nous. La pandémie actuelle nous rappelle que nous sommes mortels et devrait, nous l’espérons, susciter en nous la question à savoir si nous désirons vraiment arrêter de vivre par peur de mourir?

 

Chloroquine ou vaccin?

Nous voyons se mettre en place deux camps face à la crise : les partisans de la chloroquine et ceux du vaccin. Mais il manque une troisième voie. Alors que nous savons maintenant que plus de 50% des infectés sont asymptomatiques, cela devrait nous faire réaliser que le meilleur antidote contre ce virus ne nous sera jamais proposé par les compagnies pharmaceutiques. Un bon système immunitaire sera toujours le meilleur masque contre les maladies virales de ce type et celui-ci n’est aucunement renforcé par le déluge de médicaments absorbés. Effectivement, c’est un mode de vie sain, non angoissé, non confiné, établissant des relations sociales basées sur l’entraide et la générosité qui sera toujours le meilleur remède contre les pathologies virales, ainsi que celles de nature, trop souvent oubliée, psychologique.

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