La démocratie : pourquoi n’ai-je jamais voté ?

            La démocratie représente une grande fierté pour la majorité des Occidentaux. Nous avons coutume de considérer que sa forme moderne prend racine dans la Glorious Revolution de 1688 en Angleterre. Or, nous trouvons un peu partout dans l’Europe médiévale des expériences de démocratie, notamment chez les peuples scandinaves (le Thing), slaves (le Veche), helvètes (le Landsgemeinde) et latins (la Commune). Il y a évidemment l’expérience antique la mieux connue à Athènes au Ve siècle avant notre ère (à partir de Clisthène en -507, mais dont on perçoit les prémisses dès les réformes de Solon en -593), qui est contemporaine des importantes victoires militaires contre les Perses (Marathon en -490 et Salamine en -480), des illustres tragiques (Eschyle, Sophocle et Euripide), des grands philosophes (Socrate, Platon et Aristote), de la construction du sublime Parthénon (achevé sous Périclès en -438), mais aussi de la défaite d’Athènes devant Sparte lors de la Guerre du Péloponnèse (-404), de l’impérialisme athénien, de l’ostracisme normalisé et, non le moindre, de la condamnation à mort de Socrate par le régime démocratique (-399). Il semble, a priori, assez paradoxal d’ailleurs que les augustes philosophes de la Grèce antique aient toujours été de farouches adversaires de la démocratie…

            Toujours est-il, nous tenterons dans cet article d’expliciter les raisons pour lesquelles la démocratie est un régime politique biaisé, dysfonctionnel et délétère. Il ne s’agira donc pas de poser la question à savoir si la démocratie est un bon ou mauvais régime, mais bien plutôt d’énoncer les raisons pour lesquelles il est mauvais. De plus, contrairement à la vaste majorité des critiques ordinaires de la démocratie, nous ne tenterons pas d’en présenter les faiblesses pour ensuite proposer des réformes dans le but d’améliorer celle-ci. Effectivement, l’objectif de ce texte est plutôt de démontrer en quoi ce régime politique est absolument nuisible par nature.

Définition de la démocratie

            La notion de démocratie vient de deux mots grecs : dêmos (δῆμος), c’est-à-dire le peuple d’une communauté particulière, et kratos (κράτος), c’est-à-dire le pouvoir. Ainsi, la démocratie est le pouvoir du peuple considéré en tant que collectivité précise. Le « peuple » doit donc être distingué de la notion très à la mode de « multitude ». En effet, le dêmos n’est pas une entité liquide ou vaporeuse, mais une communauté bien circonscrite.

            Le pouvoir du peuple peut se manifester sous plusieurs formes. La manifestation classique, celle du Ve siècle avant notre ère en région attique, implique une prise de décision par le nombre à travers le vote pour la portion de la population urbaine ayant le privilège d’être citoyen. Ainsi, une minorité privilégiée décide directement des lois et des décrets – c’est ce que l’on nomme la démocratie directe et c’est celle-ci qui est comparable aux différentes expériences médiévales présentées plus haut (avec un champ d’application du privilège plus ou moins vaste).

          La modernité libérale, quant à elle, innove avec un nouveau type de pouvoir du peuple : la démocratie représentative (indirecte). Cette dernière nous est aisément compréhensible, car elle représente la forme particulière de notre régime actuel. Elle implique un suffrage de masse devant déterminer un ou différents groupes de représentants qui décideront, dans un second temps, des différentes lois et décrets à mettre en application. Cette dernière forme de démocratie prend racine à la fin du XVIIe siècle en Angleterre, principalement avec l’établissement de la monarchie constitutionnelle anglaise de 1689, suivant la Glorious Revolution. La déclaration des Bills of Rights influencera ensuite les deux grandes révolutions occidentales du siècle suivant : la Révolution américaine de 1776-1783 et la Révolution française de 1789.

Les dysfonctions latentes de la démocratie

            Bien que nous venions de distinguer deux manifestations que peut prendre la démocratie (directe ou indirecte), cela n’a pas pour objectif d’en critiquer une forme pour en défendre une autre. Au contraire, bien que nous allions surtout prendre pour exemple le modèle dominant actuel, en l’occurrence la démocratie libérale représentative indirecte, notre objectif est de démontrer que la démocratie constitue un régime politique nuisible, déficient et délétère par nature. Nous supporterons cette position en présentant une série de dysfonctions latentes représentant non pas des lacunes superficielles, mais bien les fondements essentiels sur lesquels s’érige ce régime politique. En effet, les fonctions apparentes de la démocratie, loin d’être l’expression visible de sa nature profonde, représentent plutôt le voile sous lequel se camoufle son essence véritable : un paradigme politico-social absolument corrosif qui engendre nécessairement un déclin civilisationnel intégral.

  • Le triomphe de l’opinion

       De manière intuitive, tout le monde sait qu’une proposition n’est pas plus valide qu’une autre par le nombre de personnes qui la soutiennent, mais bien de par sa qualité particulière. Toutefois, en pratique, nous admettons souvent la valeur d’un propos par le nombre d’individus pour qui la proposition apparaît vraisemblable. Or, cette manière de considérer la validité d’une affirmation, dépendamment de l’étendue numérique de son soutien, se base sur une démarche relativiste et celle-ci est l’étendard des sophistes.

      Depuis l’Antiquité, les sophistes se sont toujours opposés aux philosophes. Les premiers croient que la vraisemblance dérive du nombre, tandis que les seconds considèrent que c’est par une qualité propre que la vérité se manifeste. Notre époque est celle de la revanche des sophistes, où l’appel à la popularité est roi et duquel le régime démocratique en est la fille. Le triomphe de l’opinion gagne ses lettres de noblesse avec l’euphorie des médias sociaux qui s’abat sur notre société depuis une dizaine d’années. Ce triomphe de l’opinion, bien que ce thème nécessiterait un livre entier pour une analyse exhaustive, amène deux conséquences directes, concrètes et facilement repérables : 1) la tyrannie émotionnelle contre la prudence rationnelle, ainsi que 2) la conformisation à outrance et la persécution de la dissidence.

            D’abord, peu importe où l’on jette le regard, tout le monde peut remarquer cette tendance à l’hyper-émotivité et cette atrophie de la pensée rationnelle. Cela est évident dans toutes les formes de la propagande du système : publicité, médias, éducation et même en politique. La politique, en système démocratique, n’opère jamais, mais absolument jamais, sur une quelconque base rationnelle. En effet, par nature, le démocrate cherche le pouvoir non pas par l’argumentation en vue de la vérité, mais toujours par manipulation émotive de la masse. Celui qui oserait mettre de l’avant un quelconque projet rationnellement orienté basé sur une intégrité morale passerait pour un bouffon, un illuminé ou un dangereux radical.

          Comment procède le formatage idéologico-politique d’un peuple ? Trois importants vecteurs existent principalement : 1) L’éducation (inférieure et supérieure) ; 2) Les médias (dominants et sociaux) ; 3) Le jeu des pancartes en période d’élection. Il va sans dire que le premier est le plus important et que le dernier en est le moins. Or, tous les trois fonctionnent en symbiose, passant d’une éducation présentée comme idéologique neutre, reléguée par les médias mensonges ou par sa forme putréfiée et ordurière des médias sociaux, pour finalement aboutir à la mascarade intégralement obscène de la pollution visuelle qu’est le placardage de ces déchets visuels que sont les pancartes électorales.

            L’éducation nationale obligatoire universelle constitue un formatage en règle de la masse. En effet, elle représente en quelque sorte de la démocratie en action, c’est-à-dire le principe par lequel la médiocrité majoritaire doit étouffer toute marginalité et toute exception ; ce qui explique, en grande partie, le nombre incroyablement élevé de décrocheurs marginaux possédant une intelligence très supérieure à la moyenne, en particulier chez les jeunes hommes. L’éducation supérieure, quant à elle, représente un processus de domestication de la prétention à l’élitisme. Elle touche une portion généralement un peu plus raffinée de la population et met ainsi en place un système de formatage plus sophistiqué, usant d’experts en manipulation, la crème des conformistes avec certains dons d’éloquence, échangeant gratification symbolique, culturelle et identitaire contre une soumission absolue de leur esprit et de leur liberté intellectuelle envers l’idéologie dominante.

          Parallèlement à l’éducation nationale, les médias servent à maintenir la masse dans un état léthargique permanent. La propagande fonctionne parfois par de fausses nouvelles intégrales, souvent par du cadrage anhistorique soutenu par des « experts » auto-proclamés à la botte du système (la pensée unique triomphaliste) et, toujours, par un influx constant d’émotivité devant rendre caduque tout esprit critique (images en arrière-plan agissant comme de l’intimidation émotionnelle, chantage éthique par la rectitude morale omniprésente, récits larmoyants au détriment d’une analyse historique et rationnelle de la situation, etc.) Face à ce contexte, il n’est pas surprenant de constater que les élections se décident principalement par un visage, une couleur et un slogan drave. Les dernières élections (provincial, 2018) démontrent d’ailleurs le niveau abyssal qu’atteint les capacités cognitives de l’électorat, stimulé par le déclin inexorable des élites politiques, en usant de « slogans » réduits à un simple adverbe ou adjectif : « Sérieusement » (PQ), « Maintenant » (CAQ), « Populaire » (QS), etc. La cause principale de cette réduction minimaliste de la politique contemporaine relève de la nature inhérente à la démocratie : l’extrême-centrisme.

  • L’extrême-centrisme

          Nous nous sommes jusqu’ici concentrés sur la nature de la démocratie. Maintenant, nous nous attarderons plutôt sur son mode opératoire. Ce sera donc plus concret, moins « spéculatif », mais tout autant déplorable. L’extrême-centrisme est un concept qui tend à devenir un lieu commun : nous avons par exemple une publication d’un des seuls penseurs québécois connus qui mérite notre attention, Alain Deneault, qui publia chez Lux en 2017 l’ouvrage Politiques de l’extrême centre.

         Le centrisme hyperbolique de la politique contemporaine est repérable dans tous les systèmes démocratiques actuels. Pourquoi ? D’abord, il importe de comprendre que le rien est inclusif, tandis que tout le reste tend à discriminer. En effet, toute affirmation nie en même temps son contraire. Du coup, rien ne porte plus à l’inclusion que le néant. Ainsi, il est dans la nature du mode opératoire de la démocratie de tendre vers ce néant, car tout projet positif, toute proposition affirmative, mène nécessairement à une levée de boucliers, tandis que l’absence de projet concret pousse à la passivité et s’avère plus rassembleur. C’est donc ce qui explique principalement le néant politique actuel. Entre deux néants, il nous reste à choisir entre un bleu pâle ou un bleu foncé, un entrepreneur ou un médecin, entre « maintenant » ou « sérieusement »…

         Il faut néanmoins ajouter à cela la courte durée des mandats électoraux qui rendent impossibles les projets à long terme. Mais encore, considérant que la première année du mandat sert principalement à mettre en place son équipe, puis que la dernière année ne se concentre que sur la prochaine campagne électorale, ensuite, en éliminant les congés, les voyages diplomatiques de façade, la perpétuelle nécessité de propagande de communication, finalement, il ne reste que quelques après-midi au cours d’un mandat pour se concentrer sur les affaires proprement politiques… Mais même si un parti ayant un réel projet politique, par exemple l’indépendance pétrolière du Québec, devait prendre le pouvoir, la seule mise en place des prémisses devant rendre possible ce projet mènerait inévitablement à un déclin magistral de ce même parti, ce qui résulterait par sa défaite lors des prochaines élections et au gaspillage gargantuesque d’énergie et de ressources. Effectivement, jamais un régime politique ne s’était révélé aussi conservateur (au sens propre du terme) que la démocratie.

           De plus, si l’on considère que ce qui pousse la plupart des électeurs à voter pour un parti ou un autre est basé sur quelques points précis, voire un seul, sans aucunement considérer l’ensemble du programme (en effet, j’aurais tendance à croire que la proportion des individus lisant les programmes politiques est plus élevée chez les abstentionnistes que chez les votants, du moins, c’est notre cas). C’est ce que l’on nomme la stratégie clientéliste de la manipulation démocratique. Ainsi, au lieu de s’entourer de gens de bonne foi, d’individus possédant cette capacité rarissime de projection sur le long terme, ainsi que de personnes désintéressées et dévouées au collectif, les chefs politiques se forment une garde rapprochée de comptables, d’experts en communication et de stratèges en manipulation de masse. Ces derniers travaillent temps plein à repérer les sujets à la mode, usant de lobbys pour en fomenter d’autres conformes à leur agenda politique, pour instrumentaliser le moindre fait divers au service de leur simple victoire politique sans envergure aucune. La soumission actuelle à la rectitude politique de l’ensemble des partis n’est qu’un exemple parmi une myriade d’autres de ce pathétique conformisme.

         Finalement, comme tout le monde peut le constater, la joute politique se réduit à critiquer l’adversaire, sans jamais ne rien proposer, car les grands stratèges de la manipulation de masse savent pertinemment que tout contenu est nécessairement nuisible, puisqu’il éloigne celui qui le supporte de l’extrême centrisme. Ainsi, pour gagner, il faut proposer un « projet » absolument vide de tout contenu, tout en misant, pour vaincre, sur les faiblesses de l’adversaire, capitalisant sur les fautes de ce dernier, aussitôt que celui-ci daigne affirmer quoi que ce soit. Bref, la démocratie mène irrémédiablement au néant politique, pousse à l’immobilisme autodestructeur, s’avère conservatrice par essence et adopte un mode opératoire radicalement négatif.

  • Capitalisme, mondialisation et multiculturalisme : les soubassements démocratiques

« A » Capitalisme

        On peut se poser une simple question : Pourquoi l’élite au pouvoir vante-t-elle autant la démocratie, alors qu’elle est censée défendre les intérêts des corporations multinationales et du grand capital ? Eh bien, il est possible qu’un lien existe entre démocratie et capitalisme. En effet, l’expérience démocratique athénienne du Ve siècle n’arrive pas par hasard : le pouvoir du peuple est le corollaire politique de l’apogée de l’empire maritime commercial de la Cité. De plus, la démocratie représentative moderne prend racine en Angleterre à la fin du XVIIe siècle, pratiquement au même moment que le capitalisme – tous les spécialistes s’accordant pour dire qu’il naît lui aussi en Angleterre au cours du siècle suivant. La Révolution française, effigie de la démocratisation des sociétés, est aussi le paradigme de la révolution bourgeoise et capitaliste. Etc.

        Si l’on accepte l’hypothèse qu’il existe un lien entre démocratie et capitalisme, quelle est donc la nature de ce lien ? Nous répondrons à cette question fort complexe de deux manières : 1) La démocratie confère les conditions de possibilités de l’émergence du capitalisme par la domination du capital mobile contre le capital immobile et 2) La démocratie assure la pérennité de la domination capitaliste par la faiblesse de ses contraintes politiques. D’abord, la démocratie moderne rend possible le capitalisme, principalement par sa puissance de destruction des anciennes formes de souveraineté obstruant son plein épanouissement. Les formes obsolètes de pouvoir sont celles qui s’appuient sur la propriété foncière, tandis que ses nouvelles formes s’affirment à travers le capital mobile grâce au commerce, c’est-à-dire l’argent liquide. La domination bourgeoise, celle des marchands, s’érige principalement à travers l’endettement des acteurs d’un pouvoir vétuste et leur esclavage permanent résultant du prêt usurier. Benjamin Constant, dans sa célèbre allocution de 1819 De la liberté des Anciens comparée  celle des Modernes, exprime parfaitement cette idée : « Les effets du commerce s’étendent encore plus loin ; non seulement il affranchit les individus, mais en créant le crédit, il rend l’autorité dépendante. »

            La démocratie moderne ne se contente pas seulement de créer les conditions propices à l’émergence du capitalisme, mais lui assure aussi sa pérennité. En effet, comme l’affirme Aristote dans Les politiques, la démocratie droite (en accord avec les lois) est le moins bon des régimes vertueux, tandis que la démocratie déviée (tyrannique) est le moins pire des mauvais régimes. La raison est la même pour les deux cas : la démocratie est le plus inefficace des régimes politiques. Ainsi, il sera moins efficace à manifester le bon dans un système droit, tout comme il le sera moins pour exprimer le mal dans un régime dévié. Cette inefficacité intrinsèque, en plus de l’illusion d’un pouvoir réel non oligarchique, explique pourquoi l’élite capitaliste, ainsi que leurs laquais officiels dans la sphère médiatico-politique, défend corps et âme la démocratie. La faiblesse de la souveraineté politique à travers la démocratie assure la totale suprématie au capitalisme financier mondialisé.

« B » Mondialisation

            Le capitalisme, bien qu’il prenne racine dans un contexte géographique et temporel particulier (Angleterre au milieu du XVIIIe siècle), est par essence mondialiste. Il l’est d’abord puisque, conforme à la nature mobilière de sa domination, il s’avère désincarné, c’est-à-dire que le capitalisme n’a aucun emplacement spécifique. En effet, le capitalisme est la doctrine économique de l’opportunisme financier absous de toute référence territoriale, d’où la nécessité toujours plus prononcée d’abolition de toute frontière limitant la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes.

            Toutefois, la mondialisation capitaliste requiert une justification morale à son entreprise de domination intégrale du monde. C’est le rôle joué par la démocratie. En effet, l’expansion mondiale de cette dernière sert à justifier la destruction de tout un ensemble de systèmes économiques concurrentiels et/ou de régimes politiques souverains limitant l’emprise du capitalisme sur leurs sociétés. Ainsi, l’uniformisation libéralo-capitaliste du monde se présente à visière baissée sous le couvert de la flamme émancipatrice de la démocratie salvatrice !

            La manifestation contemporaine la plus claire constitue la Charte des droits et libertés – formalisation bienveillante de l’idéal démocratique de l’homme. Le code moral inaliénable de la mondialisation libérale rend possible un glissement du politique vers le judiciaire, c’est ce que l’on nomme la judiciarisation du politique. Sous le couvert des « droits de l’homme », la suprématie du capitalisme mondialisé peut ainsi user de toutes les armes dont elle dispose, protégée qu’elle est par le bouclier de la démocratie : Vae victis !

« C » Multiculturalisme

            Finalement, au lendemain du Pacte de Marrakech, institutionnalisant le droit universel à la migration des hommes, nous pouvons nous questionner sur la relation existant entre la démocratie et le multiculturalisme. Toujours sous couvert moralisateur, les idéologues multiculturalistes défendent en fait deux choses (sciemment ou non) : 1) Les intérêts du patronat grâce au lumpenprolétariat importé d’ailleurs et le maintien d’une compétition entre les travailleurs de toutes les classes sociales ; 2) La démocratie libérale. Nous avons déjà parlé du premier point, nous nous concentrerons sur le deuxième.

            Il existe de facto une alliance entre le patronat et les professionnels de la politique politicienne : les uns veulent du cheap labor et les seconds veulent pérenniser leur pouvoir politique. Les libéraux, qui dominent la grande majorité des institutions politiques en Occident, peuvent compter sur un vote massif des nouveaux arrivants (que ceux-ci soient de gauche ou de droite, religieux ou athées, etc.) Ainsi, il est dans leur intérêt de soutenir ces derniers pour conserver cet appui presque inconditionnel. En effet, l’empire de la marchandise craint principalement les mouvements de révolte populaire issus de la base nationale autochtone (en Europe) ou d’immigration lointaine (en Amérique du Nord). Le mouvement des gilets jaunes en France est un exemple clair et actuel de ce danger pour l’établissement politico-médiatique.

             L’idéologie du multiculturalisme permet ainsi d’assurer un pouvoir ad vitam aeternam à la démocratie libérale grâce à ce même processus d’élection démocratique. Lorsque plus aucune grande ville d’Occident ne sera ethniquement homogène, le pouvoir sera pour toujours entre les mains des mondialistes libéraux multiculturalistes : divide ut regnes. Bref, les tenants du multiculturalisme n’ont cure des souffrances des étrangers, ils instrumentalisent simplement la bonne volonté des gens pour assurer la pérennité de leur domination grâce à la stratégie démographique à base électoraliste dont ils usent. La politique est toujours amorale et trop souvent immorale…

Conclusion

          Nous avons tenté d’expliciter les raisons pour lesquelles nous considérons que la démocratie est un système politique nuisible par nature. Nous avons d’abord démontré qu’il est délétère par essence (triomphe de l’opinion), puis à travers son mode opératoire (extrême-centrisme). Finalement, nous avons tenté d’en décrire certaines relations affinitaires avec le capitalisme, le mondialisme et le multiculturalisme.

         Je n’ai jamais voté et je ne voterai probablement jamais. Or, je ne cherche pas à faire du missionarisme ici, car ma paroisse n’a rien à proposer de concret. Mon objectif était simplement de démontrer qu’il existe de nombreuses raisons de ne pas être démocrate et que celles-ci sont convaincantes, solides et cohérentes. Mais peut-être est-ce justement par soutien naïf sans remise en question de la démocratie qu’aucun autre modèle politique ne peut voir le jour ?!

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